Le Peuple Berbère
Jeudi, 03 Juin 2010 12:25
C’est sans doute par mépris (Barbares ?)ou par ignorance que groupe ethnique et culturel a reçu le nom de Berbères ? Eux-mêmes s’appellent Imazighen, ce qui signifie Les Hommes libres… oui, des hommes libres qui ont vu défiler les envahisseurs et revendiquent aujourd'hui le droit d'être eux mêmes. Les berbères sont en fait les premiers habitants originels de l'Afrique du nord (tamazgha). Leur présence dans cette région remonte à plusieurs millénaires. Durant l'antiquité, la langue amazigh était parlée de l'oasis de Siwa en Egypte aux îles Canaries (dans l’Océan Atlantique) en passant par la Libye, la Tunisie, l'Algérie, le Maroc et la Mauritanie. A cause de l’histoire, la Culture Berbère s’est repliée sur elle-même, avec l'installation des Phéniciens (1200 ans avant J-C) puis les différentes invasions (notamment celles des Romains, des Vandales et des Byzantins) et l'arrivée des Arabes au septième siècle. Retenons cependant la figure légendaire de la résistance berbère sous les traits féminins de Kahina, cependant vaincue en 698 après J-C. Aux Turcs ottomans, arrivés en 1550 , ont succédé les Français qui ont pris le contrôle d’une partie des territoires berbères à partir de 1830. Après l'indépendance des pays d'Afrique du Nord il y a environ une cinquantaine d’années, les différents régimes en place ont quasiment interdit le débat autour de l'amazighité, sous prétexte que le Maghreb est définitivement. Toute volonté de restaurer ou d’encourager la culture berbère est suspecte, voire étouffée.
C’est au MAROC que l’on compte le plus grand nombre de Berbères de toute l'Afrique du Nord, probablement une vingtaine de millions. Mais les Marocains constituent un peuple berbère, le nombre d'Arabes arrivés du Moyen-Orient restant minime. Même ceux qui ne sont pas "berbérophones" mais "arabophones" sont Berbères ! Les "berbérophones" parlent Chleuh ou tachelhit, Riffi, Soussi et Tamazight
En ALGERIE, il existe 4 communautés berbères, parlant Chaoui, Chenoui, Kabyle, et Mozabite. Les Kabyles constituent le groupe berbère le plus important d’Algérie et même d’Afrique du Nord (voir ci-après). Notons que l’écrivain Mouloud Mammeri se vit interdire d’enseigner le berbère à l'université d'Alger quand d’autres universités, dans le monde (France, Etats-Unis, Danemark… ), dispensaient des enseignements de langues berbères sanctionnés par des diplômes.
En LIBYE (où est parlé le Neffussit), la culture amazigh est conçue par le régime du colonel Khadafi comme une atteinte au nationalisme arabe.
En TUNISIE (où l’on parle le Djerbit), cette culture berbère est complètement effacée de l'histoire face à une politique radicale contre la berbèrité.
Mention doit être faite des TOUAREGS, les "oubliés du désert", dispersés sur plusieurs pays ( Libye, Algérie, Niger, Maroc, Mali et Burkina Faso). Ils s'appellent les hommes libres, mais on les appelle les Hommes bleus et parlent le Tamajaq.
Tunisie
Jeudi, 03 Juin 2010 12:19

Géographie
Avec une superficie de 163.610 kilomètres carrés, la Tunisie est le plus petit pays d'Afrique du Nord, “Etat-tampon” entre l'Algérie et la Libye. Près de 40 % du territoire est occupée par le désert du Sahara. La Tunisie est bordée au nord et à l’est par la mer Méditerranée.
Population
La grande majorité des 10.130.000 Tunisiens vivent dans les zones urbaines. La population rurale est concentrée dans les régions agricoles prospères et fertiles du nord-est du pays et du Sahel. Les Berbères vivent, quant à eux, dans des communautés isolées et peu nombreuses qui se sont établies dans le sud du pays.
Tunis, capitale du pays à qui elle a donné son nom, en est aussi la principale ville avec 730.000 habitants (plus de 2 millions pour l’ensemble de l’agglomération, soit un cinquième de la population du pays).
La langue officielle est l'arabe. La Tunisie est d’ailleurs le pays d’Afrique du Nord le plus homogène sur le plan linguistique. Le Le français, enseigné en tant que deuxième langue vivante dans le système scolaire, est aussi largement utilisé dans le commerce et l’administration.
L'islam est la religion d'état. Les musulmans sunnites représentent 99% de la population.
Histoire
Dans l'antiquité, la Tunisie était une colonie phénicienne. Au Ve siècle avant J.-C., Carthage contrôlait le commerce dans toute la Méditerranée centrale. Elle a d'abord fait partie de l'empire romain, puis de l'empire byzantin après avoir été envahie par les Vandales en 439 avant J.-C. Les Arabes, propagateurs de l’islam, ont progressé vers l'Afrique du Nord au milieu du VIIe siècle. Fondée en 670, la ville de Kairouan devint une importante base militaire abritant des troupes qui attaquaient les Berbères. Son rayonnement était aussi religieux, il s'agissait en effet également d'un important centre culturel musulman. l'islam s'infiltra donc rapidement dans les tribus berbères. En 698, les Arabes s'emparèrent de Carthage et fondèrent la ville de Tunis.
Au XVe siècle, la Tunisie (appelée à cette époque Ifriqiya, ou Asie Mineure) constituait une province rattachée aux empires arabes et musulmans. Entre 1148 et 1160, les Normands placèrent Tunis sous leur contrôle. Après une domination marocaine de courte durée, Ifriqiya fut de nouveau rattachée aux empires dirigés par Bagdad et le Caire. Les gouvernements provinciaux étaient toutefois dirigés localement par les tribus berbères. Au début du XVIe siècle, l'Espagne et les Turcs Ottoman se disputèrent le contrôle de la Tunisie. Les Ottomans mirent un terme à la domination espagnole en 1574 et la Tunisie devint alors un état berbère. Après une brève occupation des territoires tunisiens, les Ottomans finirent par reconnaître, de facto, l'indépendance de la Tunisie. Celle-ci devint donc une monarchie dirigée par des beys et des deys qui étaient, en fait, des officiers appartenant aux forces d'occupation ottomanes. Après l'occupation de l'Algérie par la France, la Tunisie fut contrôlée à la fois par la France, la Grande Bretagne et l'Italie.
En 1883, la Tunisie devient un protectorat français. Bien que la monarchie ait été maintenue, le gouvernement était toutefois placé entre les mains des Français. La colonisation française et italienne s'effectua sur une grande échelle et les terres les plus fertiles furent nationalisées et attribuées aux Européens. Le premier mouvement tunisien militant en faveur de l'indépendance prit naissance en 1920. En 1934, le parti Neo-Destour, ou Nouvelle Constitution, dirigé par l'avocat Habib Bourguiba raviva le mouvement nationaliste tunisien.
En 1950, la France entreprit des réformes politiques destinées à permettre à la Tunisie de bénéficier d'une autonomie interne et de travailler en coopération avec la France. Le 20 mars 1956, la Tunisie réussit à obtenir son indépendance et Bourguiba devint alors premier ministre. puis chef d'Etat de la Tunisie après l'abolition de la monarchie par l'Assemblée Nationale le 25 juillet 1957. Le 7 novembre 1987, le général Zine el-Abdine ben Ali destitua le président Bourguiba pour incapacité à gouverner et lui succéda. En 1989, il fut élu président de la République, réélu en 1994, 1999, 2004 (à la suite d’une modification constitutionnelle) et en 2009 où il n'a toutefois pas atteint la barre habituelle de 90% des votants. Le président Ben Ali renforce son emprise sur l’État et continue à répondre à la montée islamiste par une implacable répression. Il conserve les alliances de la Tunisie avec les Occidentaux tout en contrecarrant les pressions des intégristes et en mettant lui-même l'accent sur le caractère arabe et islamiste du pays.
En 1989, il fut élu président de la République, réélu en 1994, 1999, 2004 (à la suite d'une modification constitutionnelle) et en 2009 où il n'a toutefois pas atteint la barre habituelle de 90% des votants. Début 2011, la révolution dite « du jasmin » a chassé Zine El Abidine Ben Ali, obligé de se réfugier en Arabie Saoudite le 14 janvier. Qu'un Chef d'Etat soit ainsi obligé de quitter le pouvoir et de fuir son pays représentait une première dans l'histoire des pays arabes. Cette révolution tunisienne a débuté le 17 décembre 2010 par le suicide de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid, une ville du centre du pays peuplée de 40.000 habitants: ce vendeur ambulant s'est immolé pour protester contre le chômage et les violences policières. Sa mort a été l'étincelle qui a déclenché des dizaines de rassemblements dans tout le pays, réprimés par la police avec une rare violence. Lassée par un régime autocratique et corrompu, la population s'est fortement mobilisée pour réclamer le départ du dictateur et de sa famille qui, petit à petit avait réussi à contrôler l'économie du pays. Au total, selon la commission des droits de l'homme de l'ONU, les troubles ont fait 219 morts et 510 blessés. Le président par intérim, Fouad Mebazaa, a annoncé «une rupture totale avec le passé» et son envie de répondre «à toutes les aspirations légitimes de la révolution, de la liberté et de la dignité». Mais la transition n'a pas été simple. Le premier ministre Ghannouchi, déjà obligé de former un nouveau gouvernement d'où ont été écartés les principaux représentants de l'ancien régime, a dû démissionner le 28 février, après de nouvelles manifestations de rue qui ont fait 3 victimes. Les contestataires le trouvaient trop proche de Ben Ali. Son successeur, âgé de 84 ans, Béji Caïd Essebsi, avait déjà servi l'Etat du temps du père de l'indépendance tunisienne, Habib Bourguiba. Il a formé un gouvernement rassemblant des technocrates aux compétences reconnues. Dans le même temps, le Tribunal de première instance de Tunis a annoncé la dissolution du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique), le parti du président déchu Ben Ali fondé en 1988 et considéré par beaucoup comme le symbole de la répression. Les six premiers mois de transition sont en tout cas restés tendus, émaillés d'incidents. Les élections pour une assemblée constituante, initialement programmée le 24 juillet, sont finalement prévues le dimanche 23 octobre pour des questions d'organisation. Pour sa part, l'ex-président Ben Ali est poursuivi pour 93 chefs d'inculpation dont certains en justice civile (possession illégale de devises étrangères, d'armes et de stupéfiants) et d'autres en justice militaire (homicides volontaires et cas de tortures).
Situation des chrétiens
Différents rapports laissent entendre qu'il y a 2.000 chrétiens protestants pratiquants mais les responsables chrétiens sur place ramènent ce chiffre à 600. Le gouvernement reconnaît officiellement toutes les organisations chrétiennes et juives établies avant l'indépendance du pays en 1956 mais n'autorise pas l'implantation d'églises de la part d'autres groupes chrétiens. Bien plus, quoique le gouvernement autorise les églises à fonctionner ouvertement, il ne reconnaît que l'église catholique comme autre organisation religieuse légale à côté de l'islam.
Bien qu'aucune loi n'empêche le changement de religion, il existe une forte pression sociale contre la conversion des musulmans à une autre religion. Les musulmans qui se convertissent font l'objet d'un ostracisme social, en même temps que de harcèlement bureaucratique ou de menaces de la part des autorités officielles.
Le gouvernement n'autorise pas la création de partis politiques basés sur la religion et interdit les efforts de prosélytisme en direction des musulmans. Cela peut aller jusqu'à l'expulsion des étrangers non musulmans et au refus de renouvellement de visa pour les missionnaires. D'une manière générale, le gouvernement n'accorde pas la permission de publier ou de distribuer des textes chrétiens en arabe.
En Janvier 2010, l’association chrétienne « Portes Ouvertes », spécialisée dans la défense de l’Eglise et des chrétiens opprimés dans le monde, a publié son traditionnel index de la persécution. Il y est souligné que la situation des chrétiens s’est globalement détériorée en Afrique du Nord : sur les 50 pays répertoriés comme persécuteurs de chrétiens, la Tunisie occupe la 43ème place alors qu’elle était 47ème en 2009.
En Janvier 2011, l'association chrétienne « Portes Ouvertes », spécialisée dans la défense de l'Eglise et des chrétiens opprimés dans le monde, a publié son traditionnel index de la persécution. Il y est constaté une dégradation de la situation des croyants en Tunisie qui est classée 37ème dans la liste des 50 pays où la foi en Christ coûte le plus, alors qu'elle occupait la 43ème place. La révolution dite « du jasmin » qui a chassé du pouvoir le président Ben Ali a amené un souffle de liberté dans tout le pays au début de l'année 2011. Les chrétiens tunisiens espèrent sentir les effets et profiter.
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Mauritanie
Jeudi, 03 Juin 2010 12:07

Géographie
Le nom du pays, donné par les Français se réfère à une province de l'empire romain. Officiellement baptisé République Islamique de Mauritanie, le pays s'étend sur 1.030.700 kilomètres carrés au nord-ouest de l'Afrique. Bordée par l'océan Atlantique, à l'ouest, la Mauritanie a des frontières avec le Sahara Occidental, l'Algérie, le Mali et le Sénégal. Située dans le Sahara, la Mauritanie est couverte de sable sur près de la moitié de son territoire et subit un climat chaud et sec mais avec d’importantes variations de températures. La pluviométrie annuelle est généralement inférieure à 10 centimètres. La vallée du Sénégal est la seule région où la pluviométrie annuelle atteint 64 centimètres. Les conditions climatiques y sont donc favorables au développement de l'agriculture.
Population
Nouakchott, la capitale, compte 720.000 habitants ; c’est de loin la plus grande ville du pays devant Nouadhibou (à peine 100.000). Au total, la population atteint 3.100.000 habitants, presque tous musulmans et l'islam étant la religion officielle.
Les Maures, d'origine arabe et berbère, représentent les quatre cinquièmes de la population. Ils sont semi-nomades et vivent dans des campements. Les Arabes et les Africains sont les deux autres grandes communautés mauritaniennes. Ils sont généralement sédentaires, fermiers appartenant aux peuples Toucouleur, Soninke, Fulani et Wolof.
La culture arabe et musulmane a profondément influencé l'art mauritanien surtout célèbre pour la finesse de sa joaillerie et de son orfèvrerie.
L'arabe est la langue officielle.
Histoire
Peuplée d’agriculteurs noirs, la région fut envahie à partir du IVe siècle par des nomades berbères sachant faire usage chameau. La région fut englobée dans l’empire Almoravide, du Sénégal à l’Espagne, et islamisée aux XIe et XIIe siècle. Les Arabes ne pénétrèrent le pays qu’après 1400. Au XVe siècle, des contacts furent amorcés sur la côte avec les Européens qui recherchaient des esclaves, du sel et de la gomme. Après 1858, à partir du Sénégal, la Mauritanie fut progressivement occupée par les Français; longtemps en dissidence, ce n’est qu’en 1920 qu’elle devint colonie de l’A.O.F. (Afrique Occidentale Française) et la pacification ne fut totalement obtenue qu’en 1934. En 1958, elle fut proclamée république islamique et acquit son indépendance en 1960 sous la présidence de Moktar Ould Daddah. En novembre 1975, la Mauritanie, qui redoutait l’expansionnisme marocain, s’entendit (accord de Madrid) avec son puissant voisin pour annexer le Sud d’un Sahara occidental partagé; mais les Sahraouis, groupés au sein du Front Polisario, menèrent la guérilla contre les deux pays. En juillet 1978, Moktar Ould Daddah fut renversé par un comité militaire. Immédiatement le Polisario proclama un cessez-le-feu. En août 1979 (accord d’Alger avec le Polisario), la Mauritanie sortit de la guerre. En janvier 1980, le colonel Khouna Ould Haidalla prit le pouvoir (président du Comité militaire de salut national), abolit l’esclavage (qui concernait encore environ 150.000 personnes) en juillet et fit appel, en décembre, à un gouvernement civil qui ne dura que trois mois (série de coups d’État manqués en 1981 et 1982). La Mauritanie reconnut la République arabe sahraouie démocratique en février 1984, mais le C.M.S.N. destitua le colonel Ould Haidalla en décembre de la même année et le remplaça par le colonel Maawiyah Sid Ahmed Ould Taya. Les militaires ont poursuivi l’arabisation du pays (élimination des Noirs des postes de responsabilité dans l’armée et l’administration). Les massacres de Maures au Sénégal, au printemps 1989, ont provoqué de violentes représailles en Mauritanie contre les Noirs (dont un grand nombre fut expulsé ou renvoyé au Sénégal). En 1991 cependant, un référendum a permis l’adoption d’une constitution autorisant les partis politiques et garantissant la liberté de la presse. En janvier 1992, les premières élections multipartites depuis l’indépendance, entachées de fraude selon l’opposition qui a boycotté pour cette raison les législatives de mars, ont confirmé M. Ould Taya.
Réélu en 1997, malgré de fortes contestations sur l'état des libertés dans le pays, il est renversé le 3 août 2005 par l'armée. Le Conseil militaire pour la justice et la démocratie, prend le pouvoir pour officiellement « mettre fin au régime totalitaire du président Taya et mettre en place de véritables institutions démocratiques ». Le chef de l'État porté par le putsch Ely Ould Mohamed Vall a respecté ses engagements et ne s'est pas présenté à l’élection présidentielle de mars 2007. Le nouveau président de la Mauritanie, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, a prêté serment le 19 avril 2007. Premier président a être élu démocratiquement sans fraude massive depuis l'indépendance de la Mauritanie, il a cependant été renversé le 6 août 2008 par le général Ould Abdelaziz qui s’est autoproclamé chef de l’État. Moins d'une année plus tard, le 18 juillet 2009, celui-ci a été élu Président de la République avec 52,58% des voix, le général Abdelaziz se présentant en quelque sorte comme le "père du peuple".
Pour protester contre le régime en place et la situation politique de son pays, un homme d'affaire aisé de 43 ans a tenté de s'immoler par le feu le 17 janvier 2011, devant le Sénat proche de la Présidence du pays. Il imitait ainsi le geste du jeune tunisien Mohamed Bouazizi qui, juste un mois plus tôt, s'était suicidé de cette manière, lançant ainsi la « Révolution du Jasmin » qui devait chasser du pouvoir le président Ben Ali.
Cet événement entraîne une vague de contestations populaires sans précédent dans l'histoire du pays depuis son indépendance. Ces manifestations touchent tout le pays et tous les secteurs de la société; des conflits sociaux durent parfois longtemps, signe de la détermination des contestataires, mais sans qu'il s'agisse d'un mouvement politique et social unitaire. Bien que ne dépassant souvent pas les 1.000 personnes, les manifestations se multiplient en mars, tous les mardis et vendredis, entraînant différentes grèves. Le gouvernement répond à la contestation par un plan social de 22,6 millions d'Euros, permettant de baisser de 30 % le prix des denrées de première nécessité.
Des contestations d'ordre politique sont portées uniquement par un mouvement de jeunes réunis au sein d'un mouvement du 25 février, formé sur Internet. La répression policière, les arrestations entraînent des remous dans la classe politique qui dénonce l'autoritarisme du président. Le 23 juin, la pénalisation des délits de presse est levée.
Situation des chrétiens
L'islam est la religion d'Etat et la conversion en dehors de l'islam est strictement interdite. L'article 306 du Code Pénal de 1984 établit que si un converti de l'islam ne se repent pas dans les trois jours après avoir été reconnu coupable d'apostasie, il sera condamné à mort et ses biens seront confisqués par le Trésor d'Etat. Selon le Rapport International sur la Liberté Religieuse, aucun groupe non musulman n'a jamais été reconnu dans ce pays, y compris l'église catholique qui fonctionne ouvertement. Malgré le monopole religieux de l'islam, l'Evangile progresse selon des voies miraculeuses, comme en atteste cet imam qui a montré le film Jésus dans sa mosquée, ou encore ces rêves et ces visions qui se multiplient parmi les Mauritaniens. On avance le chiffre de 200 chrétiens répartis en une dizaine de groupes.
Au printemps 2009, Christopher Logest, un chrétien américain, a été arrêté puis abattu en se dirigeant vers l’établissement d'enseignement de langue et d'informatique qu'il dirigeait dans la capitale, Nouakchott. La branche maghrébine d'Al-Qaïda a revendiqué cet assassinat dans un communiqué qui accusait la victime de se livrer à "des activités d'évangélisation".
En janvier 2010, la Mauritanie apparaissait comme le premier pays d’Afrique du Nord dans l’index de la persécution publié par l’association chrétienne « Portes Ouvertes », spécialisée dans la défense de l’Eglise et des chrétiens opprimés dans le monde. Elle occupait le 8ème rang sur les 50 pays montrés du doigt pour leur intolérance religieuse, alors qu’elle ne se trouvait qu’en 18ème position en 2009.
En janvier 2011, la Mauritanie apparaissait comme le premier pays d'Afrique du Nord dans l'index de la persécution publié par l'association chrétienne « Portes Ouvertes », spécialisée dans la défense de l'Eglise et des chrétiens opprimés dans le monde. Elle occupait le 13ème rang sur les 50 pays montrés du doigt pour leur intolérance religieuse. « Portes Ouvertes » notait que l'influence des terroristes d'Al Qaïda s'y est accrue.
Maroc
Jeudi, 03 Juin 2010 11:49

Géographie
Le Maroc, officiellement appelé Royaume du Maroc, occupe une superficie de 446.550 kilomètres carrés. Le pays possède un littoral de 1.835 kilomètres sur l'Océan Atlantique et la Mer Méditerranée. Le Détroit de Gibraltar sépare le Maroc de l'Espagne. L'Algérie partage sa frontière à l'est. Au sud, on trouve le Sahara Occidental, partie intégrante du territoire pour les Marocains mais objet de nombreux conflits.
Population
La majorité des 34 millions d'habitants du pays vivent dans les villes et les villages de l'Atlas et les terres sahariennes. La moitié de la main d'oeuvre est d'ailleurs employée dans l'agriculture. Le taux de croissance annuelle de la population est de 3,3%.
L'arabe est la langue officielle, mais un tiers de la population parle les dialectes berbères. Le français, souvent enseigné comme seconde langue, est utilisé fréquemment dans le commerce et l'administration.
Depuis 1956, date à laquelle le Maroc a acquis son indépendance, Rabat est la capitale du pays (1.730.000 habitants). Mais la principale ville reste la capitale économique, Casablanca, avec ses 3.210.000 habitants. La troisième ville qui dépasse aussi le million d'habitants : Fès. Viennent ensuite Marrakech (première destination touristique), Agadir et Tanger.
Histoire
Les Berbères représentent les plus anciens habitants de la région du Maroc, qu'ils ont occupée sans y créer d'unité ni d'Etat, mais en conservant leur organisation en tribus indépendantes. Toutefois, très tôt dans l'Antiquité, de nombreux peuples ont pris pied dans cette région en raison de sa position commerciale avec l'intérieur du continent africain. Ce furent d'abord les Phéniciens (qui à la même époque fournissaient au roi Salomon les matériaux du Temple de Jérusalem, de l'autre côté de la mer Méditerranée, en Israël), puis les Carthaginois, enfin les Romains, du Ier au Ve siècle de notre ère. C'est dans le cadre romain que le christianisme se répand au Maroc, de façon assez superficielle d'ailleurs puisqu'il ne touche que les villes. Au Vème siècle, à la chute de l'Empire, les Byzantins reprennent à leur compte les positions romaines.
Dès la fin du VIIe siècle ap. J.C., les soldats arabes propagateurs de l'Islam envahissent la région du Maroc, y convertissent les Berbères et font du lieu une base pour la conquête de l'Espagne toute proche et de l'Europe. Le Maroc n'existe toujours pas comme Etat : il n'est alors qu'une partie de l'immense empire musulman dont le centre est situé au Proche Orient (à Damas puis à Bagdad). Plusieurs dynasties de souverains berbères musulmans se succèdent dans la région (en particulier les Almoravides, les Almohades et les Mérinides), mais aucune d'elles ne parvient à unifier le pays politiquement. Cette période correspond toutefois à l'apogée d'une civilisation extrêmement raffinée, dont témoignent encore les joyaux que constituent Fès et Marrakech.
Au XVIe siècle, le Maroc va naître véritablement de la succession au pouvoir de deux dynasties arabes: les Saadites puis surtout les Alaouites de 1650 à nos jours. Cette dernière dynastie parvient en effet à fonder l'Etat marocain en imposant son pouvoir sur les différentes régions et en contrôlant les frontières. En tant que descendants directs du Prophète, les souverains Alaouites successifs prennent le prestigieux titre de "commandeur des croyants", qui renforce leur autorité.
Mais cette première période de l'existence nationale du Maroc est interrompue par l'expansion coloniale des pays européens à la fin du XIXe siècle. En 1912, le Maroc est tout simplement partagé entre l'Espagne et la France, qui obtient la plus grande partie de son territoire où elle exercera son « protectorat ». Pendant 45 ans (de 1912 à 1956), la colonie marocaine connaît un développement incontestable, mais sous une domination politique, raciale et culturelle, ainsi qu'une exploitation économique très poussées.
En 1956, l'indépendance est obtenue à moindre frais par le souverain Mohamed V, père du Maroc moderne, auquel succède rapidement son fils Hassan II (1961-1999). C'est ce dernier qui, de façon très autoritaire, façonne le Maroc actuel : une monarchie constitutionnelle qui accorde des pouvoirs très étendus au souverain. A sa mort en 1999, son fils Mohamed VI lui succède.
En ce début du XXIe siècle, le roi doit faire face, au niveau politique, aux problèmes des droits de l'homme (et des femmes) et de démocratie, après la dénonciation des méthodes policières sous le règne d'Hassan II.
Sur le plan extérieur, la situation du Sahara occidental demeure : cette ancienne colonie espagnole située au Sud du Maroc a été annexée sur l'ordre d'Hassan II en 1975, mais la communauté internationale ne reconnaît pas cette souveraineté du Maroc. La question est d'autant plus épineuse que l'armée de libération du Sahara occidental (le Polisario) est financée par les généraux algériens : les relations maghrébines entre Maroc et Algérie restent donc tendues.
Le pays n'est en outre pas à l'abri du terrorisme international. Les premières et les plus sanglantes attaques ont eu lieu le 16 mai 2003, à Casablanca, au terme d'une semaine marquée par des festivités organisées à l'occasion de la naissance du prince héritier Moulay El Hassan, premier fils du roi Mohammed VI. Cinq attaques suicides, à la bombe et à la voiture piégée, ont fait 45 morts (dont 12 terroristes), dans des restaurants et des hôtels du centre ville. Le réseau Al-Qaïda, considère le Maroc, allié traditionnel des Etats-Unis dans le monde arabe, comme un pays arabe "apostat".
Dans un discours prononcé le 30 juillet 2009 à l'occasion du dixième anniversaire de son accession au trône, Mohammed VI s'est engagé à poursuivre sa politique de réformes tout en évoquant les réalisations des dix dernières années : pas d'annonces spectaculaires mais un appel à redoubler d'efforts pour poursuivre les chantiers déjà entrepris, en particulier dans l'éducation et le développement social. Le souverain a aussi insisté sur "la bonne gouvernance publique", indispensable à "la consolidation d'un climat économique propice à l'investissement et au développement".
Le régime semble toutefois fragilisé par son désir de préserver un équilibre précaire sur le plan religieux. S'étant lancé dans une campagne contre des missionnaires musulmans chiites (le pays est sunnite à 99 %), les autorités se sont également engagées à partir de 2009 dans une politique impitoyable de répression contre les chrétiens (voir ci-dessous) qui a grandement terni l'image de tolérance du royaume.
Inspirés par les révolutions de Tunisie et d'Egypte, des milliers de manifestants ont défilé le 20 février 2011 dans différentes villes du pays pour réclamer une réforme profonde du système politique marocain, souhaitant un régime parlementaire dans lequel le Roi serait souverain mais sans détenir le pouvoir exécutif, sorte de monarchie parlementaire à l'espagnole ou à la britannique. Dix jours avant une autre manifestation, le roi Mohammed VI a annoncé le 10 mars un processus de révision constitutionnelle qu'il a précisé dans un discours à la nation le 17 juin. Le 1er juillet, les Marocains se sont prononcés par référendum sur cette réforme constitutionnelle approuvée à 98% des votants.
Les pouvoirs du Premier ministre et du parlement sont donc renforcés mais sans que la prééminence politique et religieuse du souverain ne soit remise en cause. La liberté de croyance n'a toutefois pas sa place dans cette nouvelle Constitution : elle s'en tient à la notion de «libre exercice du culte» déjà existante et l'islam reste la religion d'État. Pour sa part, Mohammed VI conserve son autorité en matière religieuse en tant que «descendant du Prophète» et «Commandeur des croyants»; il peut notamment émettre des fatwas.
Le régime semble toutefois fragilisé par son désir de préserver un équilibre précaire sur le plan religieux. S’étant lancé dans une campagne contre des missionnaires musulmans chiites (le pays est sunnite à 99 %), les autorités se sont également engagées à partir de 2009 dans une politique impitoyable de répression contre les chrétiens (voir ci-dessous) qui a grandement terni l’image de tolérance du royaume.
Situation des chrétiens
Huit cents Marocains se sont convertis selon une estimation du Ministère de l'Intérieur.
Le prosélytisme de la part des non musulmans est souvent réprimé. L'article 220 du Code Pénal marocain permet la poursuite judiciaire de quiconque s'est rendu coupable de renverser la foi d'un musulman ou de le convertir et ceux qui sont reconnus coupables se voient infligés des amendes variables ou une peine pouvant aller jusqu'à 3 ans de prison. Les missionnaires étrangers doivent se montrer discrets. Le 28 Novembre 2006, un chrétien étranger s'est vu infliger une amende de 50 dollars, (500 dirhams) et a été condamné à une peine de 6 mois de prison pour avoir tenté de convertir un musulman à la foi chrétienne. La peine de prison a été suspendue et la personne en question a quitté le pays de son propre chef.
Les citoyens qui se convertissent peuvent faire l'objet d'un ostracisme social et un petit nombre de ces croyants ont dû supporter de petites périodes d'interrogatoires ou de détention par les autorités. On peut les accuser de trahison ou de relation Illégale avec des missions étrangères. Par moments, ils se voient même refuser l'obtention de leur passeport. Par ailleurs, le gouvernement confisque généralement les Bibles en arabe et refusent d'accorder les licences d'importation et de vente, et cela malgré l'absence de toute loi interdisant un livre comme celui-là.
En mars 2009, cinq chrétiennes ont été expulsées du Maroc, le ministère de l'Intérieur leur reprochant leur prosélytisme. Cette arrestation inhabituelle, dans le cadre d'une rencontre privée (autorisée par la Constitution du pays), a été le point de départ d’une répression religieuse contre les chrétiens qui s’est intensifiée en décembre 2009 puis en 2010, suscitant une réprobation internationale. Pendant les six premiers mois de 2010, 130 chrétiens étrangers ont été expulsés, dont plusieurs familles françaises et suisses. La répression a même frappé des couples mixtes, une Espagnole, une Libanaise et une Suisse, toutes trois mariées à un Marocain, ayant été renvoyées du jour au lendemain, malgré leur situation familiale.
Ces expulsions d’étrangers se font sur la base d’accusations non prouvées de « prosélytisme ». La Constitution marocaine accorde la liberté de croyance, mais le fait d'essayer de convertir un marocain à une autre croyance est un crime (article 220 du code pénal).
Cette vague de répression touche aussi les croyants marocains eux-mêmes, victimes de harcèlement de la part de la police (arrestations, interrogatoires etc.). Il n’est donc pas étonnant que le Maroc ait régressé dans l’index de la persécution publié en janvier 2011 par l’association chrétienne « Portes Ouvertes », spécialisée dans la défense de l’Eglise et des chrétiens opprimés dans le monde : le royaume passait de la 37ème à la 31ème position, « Portes Ouvertes » soulignant que le gouvernement relativement tolérant jusqu’alors avait expulsé 150 expatriés chrétiens « prétendument pour prosélytisme tandis que des leaders musulmans faisaient des déclarations incendiaires contre les chrétiens locaux, proclamant que les chrétiens commettaient "un viol moral" et "un terrorisme religieux". »
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